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    En Coulisse avec Quartiers Nord

    Par une belle journée ensoleillée, Hélène Patte et moi-même, volontaires en service, avons rencontré Robert Rossi, chanteur et parolier du groupe emblématique Quartiers Nord à la Friche de la Belle de Mai. Quartiers Nord est un groupe de rock marseillais fondé en 1977, affilié à la ligue de l’enseignement des Bouches-du-Rhône.

    L’indéniable connotation sociale du nom du groupe fait référence aux célèbres quartiers du Nord de Marseille.
    « On est dix sur scène parce qu’on tourne avec une section cuivre maintenant. Ça serait difficile de s’en passer parce que ça ouvre des couleurs qu’on ne s’imaginait pas possibles. Ils sont très éclectiques, on peut partir n’importe où : je parle là de tous les musiciens, ils peuvent jouer du classique, de la salsa, de tout: on a aucun frein ! C’est un bonheur ! »

    UN PEU D'HISTOIRE

    Devant nos regards incertains à l’évocation du buzuki [instrument grec NDLR], Robert Rossi prend le temps de nous expliquer son origine et son utilisation. On peut entendre la nostalgie et l’accent marseillais dans sa voix quand il nous raconte les débuts de Quartiers Nord :
    « Quand on a démarré, on ne s’imaginait pas qu’on aurait autant de public, parce que nous, on faisait tout nous-même: c’était un acte militant ! On a monté cette association début 1988 parce qu’on nous a demandé d’avoir une structure officielle puisqu’on produisait des albums. A l’époque, c’était des vinyles, on ne pouvait pas les sortir à titre individuel. On était complètement en amateurs et c’était une volonté de le rester car on gagnait notre vie ailleurs.»
    « En 2000 on a décidé de monter des spectacles, des comédies musicales. On pouvait plus rester en amateur parce qu’il nous fallait demander des subventions, appeler des gens extérieurs à nous : des metteurs en scène, des costumières,… L’association a pris une ampleur plus importante dans le sens où c’est devenue la structure d’une compagnie. A partir de là on est passé professionnels.»

    groupe dehors

    QU’ES ACO ?

    C’est par l’utilisation du marseillais dans leurs créations que Quartiers Nord est devenu si symbolique. Un choix de langage pas si évident que ça à une période où le rock n’est adulé qu’en anglais.
    «À l’époque c’était l’ovni, personne ne faisait du marseillais. Au contraire c’était ringard, tout le monde suivait la mode anglo-saxonne. On voyait sur les magazines spécialisés genre Rock’n’Folk des articles sur Téléphone qui se demandait si le rock pouvait se chanter en français : faut vraiment voir le décalage ! Il y a même des musiciens qui sont partis à cette période. Pour nous c’était mêler une musique qui était celle de notre génération, une musique contestataire, progressiste, et émancipatrice même avec une connotation locale. »
    « Quand ils ont vu qu’il y avait un groupe de rock qui chantait en marseillais, ça a créé une sorte de phénomène linguistique. Il y avait des profs de fac qui venaient nous voir juste pour ça. A la fin de l’année on s’est dit qu’on ne pouvait pas arrêter là. C’était trop la folie : on ne pouvait pas mettre un terme à cette expérience. Finalement ça a duré 40 ans quoi ! ».
    « On s’est toujours questionné sur l’accessibilité de notre musique par le public. Après plusieurs mésaventures à Paris où on faisait des voyages de plusieurs jours pour démarcher les maisons de disques, on s‘est dit stop : on en revenait toujours démoralisés. On arrivait à fonctionner localement, on avait un public alors on a arrêté de chercher ailleurs. A ce moment-là, ça a été encore plus marseillais puisqu’on s’adressait aux marseillais. Ça a pris une dimension encore plus importante quand on a commencé à faire des opérettes marseillaises parce qu’on est allé chercher dans les expressions qu’utilisaient nos grands-parents !»

    OPERETTES MARSEILLAISES

    A la suite de son master Robert Rossi dut prendre une décision : faire des remplacements en tant que professeur et arrêter la musique ou bien revenir mais avec quelque chose de nouveau.
    « Je ne me voyais pas retourner déjà à cet âge-là, faire les sempiternels concerts dans les boîtes. On avait une idée au tout début du groupe de monter des opérettes mais pour ça il fallait s’arrêter : écrire un scénario, des dialogues, faire les musiques adaptées,… Ca chamboulait toute notre conception. De vouloir en plus rester groupe amateur pour être fidèle à ce qu’on avait envie de faire et de ne pas être bouffé par le commerce c’était compliqué. Là je me suis dit et bien voilà, ça, c’est la bonne idée. Alors je suis vite allé retrouver mes anciens acolytes. On a retrouvé non seulement un engouement de la part des musiciens mais en plus de tous les copains qui étaient là à la naissance du groupe.»

    groupe II

    groupe III

     

     

     

     

     

     

     

    L’AFFILITATION.

    Le soleil à moitié dans les yeux, je pose la question finale et rituelle : pourquoi l’affiliation à la Ligue de l’enseignement Fédération des Bouches-du-Rhône ?
    « On s’est affilié pour assurer le personnel comme on dit ! Sur scène on s’apercevait qu’on était dans un théâtre qu’il y avait des projecteurs et tout peut arriver quoi. C’est une chanteuse avec qui on a travaillé, Marie-Ange de Leda Atomica, je lui ai exposé le problème et elle m’a dit que je devrais aller voir chez la Ligue. »

    CONTACT.

    http://www.quartiersnord.com/
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